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Mardi 17 Avril 2007

La Tribune, 22 janvier 2002

Des mois de souffrance, des vies sacrifiées et des millions de gens meurtris par le mépris qui leur est opposé, ce crime qui cause la douleur intarissable de nos frères berbères doit cesser !

Il est temps aujourd'hui d'affronter sérieusement et sans faillir la grande question de l'unité nationale. Nos frères berbères souffrent et les autres citoyens de ce pays ne peuvent continuer à détourner la tête en refusant d'entendre le cri du désespoir.
L'atteinte au libre usage d'une culture est un crime car elle se confond toujours avec le bien le plus précieux de l'humanité, celui de l'intelligence, celle là même qui nous distingue des bêtes et des civilisations ancestrales et barbares.
La révolte de nos frères de Kabylie est légitime car elle réplique à une situation intolérable de déni de droit et d'oppression. Nul arabophone, et certainement pas moi-même, ne saurait dicter à quiconque ce qui serait la culture dominante, la culture officielle ou encore la culture historique d'un pays. Chacun a non seulement le droit de vivre sa citoyenneté avec la richesse culturelle qui lui a été transmise mais aussi le devoir impérieux de contribuer à son épanouissement au bénéfice de la nation.
Même le problème islamiste, bien que douloureux et violent, n'a jamais posé à ce point la question de la rupture nationale car il est un accident de l'histoire dont les dirigeants de ce pays ont largement contribué à alimenter. La question berbère est d'une toute autre envergure car elle dissimule les plaies les plus profondes et les rancœurs les plus dangereuses jusqu'à risquer de provoquer un jour ou l'autre l'irréparable.
L'aveuglement des nationalistes, trop occupés à leurs incantations ridicules et à leur égocentrisme aveugle n'ont bien évidemment pas su consolider cette nation. Les seules fondations solides qu'ils ont pu ériger sont celles des patrimoines personnels et des pouvoirs inamovibles avec l'aide du ciment de la terreur et de la corruption.
Depuis des mois des révoltes sanglantes éclatent sans perturber le moins du monde ce système monolithique d'une rare insensibilité. Comme il est impossible de leur parler de démocratie, d'humanisme, de culture et même de la beauté des petits oiseaux, essayons de nous introduire dans la logique psychologique et lexicale de leur monde de violence. Essayons par conséquent de nous mettre à leur place pour recenser les possibilités qui leur sont ouvertes pour résoudre la question berbère, eu égard à leur caractère.
Jeter les berbérophones à la mer ! Impossible. Les supprimer par un génocide ! Dangereux par les temps qui courent car l'opinion internationale et le TPI font régner la politique d'ingérence. En corrompant certains ! C'est déjà fait et ça ne fonctionne plus. La lamentable histoire des " dialoguistes " le démontre aisément. L'intimidation par la terreur et l'assassinat politique ! Une rentabilité marginale qui mobilise des fonctionnaires de plus en plus difficiles à recruter. La plupart des grands professionnels dans ce domaine se bousculent aujourd'hui dans les médias étrangers pour le repentir d'un métier qu'ils qualifient d'assassin (métier qu'ils n'ont d'ailleurs quitté que récemment). Décidément, l'impasse est manifeste et nous ne sommes pas prêts de voir la fin d'un régime qui continue une politique dont il n'a plus tout à fait les moyens et pas du tout l'intention d'arrêter.
Quant à nous-mêmes, l'impasse est aussi manifeste car nous serions aujourd'hui, comme en 1991, aussi mal à l'aise avec un fusil qu'ils ne le seraient avec un dictionnaire. La gravité des évènements nous interdit pourtant de continuer à reproduire les mêmes stratégies d'opposition qui sont vouées à l'échec et qui engloutissent à chaque fois davantage de vies humaines pour un résultat nul.
Des décisions radicales doivent être prises et notamment celles qui tournent le dos définitivement à toute discussion avec un pouvoir dont nous n'avons rien à attendre. Aucune solution ne semble donc envisageable si trois conditions essentielles ne sont pas réunies :
__ La réconciliation de tous les démocrates par la mise à l'écart des leaders des deux partis dont la responsabilité est très lourde même si la qualification des fautes ne peut être identique. Sans cette condition préalable je ne vois vraiment pas comment le mouvement des démocrates pourrait réussir à s'unifier et imposer sa puissance. Les militants du FFS doivent avoir le courage de mettre fin à une " barzanisation " d'un mouvement qui n'a plus l'adhésion des jeunes et ceux du RCD de définitivement s'éloigner de l'image de collaboration que prouve leur passé. En démocratie la révocation est la sanction normale de l'échec, il ne faut pas s'en offusquer. Autrement il s'agirait de sectes, pas de politique et encore moins de démocratie.
__ Le retrait immédiat de tous les démocrates des institutions dans lesquelles ils se déshonorent. Continuer à percevoir des subsides des institutions de l'Etat est probablement la fautes la plus grave que l'on puisse leur reprocher. Cette participation est coupable et intolérable.
__ La non-participation à toute élection et le rejet définitif du système, y compris dans ses tentatives de régler la question berbère.
Mais encore plus important est que nos compatriotes berbères doivent impérativement recevoir un signe d'encouragement et de bonne volonté si l'on ne souhaite pas aller vers l'horrible impasse de la guerre civile. Il suffit de surfer dans les différents forums de l'Internet pour s'épouvanter de la querelle qui y fait rage entre de très jeunes citoyens. Les insultes et les invectives réciproques atteignent des niveaux horrifiants de racisme, d'intolérance et de bêtise. Quant à la pseudo réflexion, chacun y va de son Khalife ou de son Jugurtha pour lancer à la figure de l'autre son passé, qui antérieur, qui plus honorable que celui de l'autre.
Cela est indigne et doit cesser.

Mardi 17 Avril 2007

La Tribune - 19 mai 2001.

A chaque réminiscence de la douleur de mes compatriotes berbères j’éprouve le souhait et le devoir de leur témoigner mon entière solidarité. Dans ces moments, j’ai envie de leur répéter inlassablement, si mon engagement militant ne le prouvait déjà, que leur douleur est la mienne. J’ai envie de leur dire, avec l’humilité et la pudeur que les évènements exigent, que je les aime avec la même intensité que toute partie de mon identité.
Lorsque l’occasion m’en a été fournie dans ces nombreuses années de militantisme, j’ai toujours débuté mes paroles en rappelant que je suis algérien et donc également citoyen de Kabylie, de droit et de cœur. J’ai cette naturelle impression que je suis parmi les miens lorsque je m’adresse à eux. Ma position serait identique quels que soient le lieu et la communauté, de surcroît lorsque cette dernière a le sentiment de subir une humiliation..
Il est intolérable pour tout démocrate de voir cautionner le crime perpétré contre le droit à vivre son identité. Nul n’est né sur cette terre d’Algérie pour imposer aux autres son point de vue sur ce qu’est et doit être la culture et la langue dominantes. Nul ne peut annihiler le droit à quiconque de parler et de s’épanouir avec la langue transmise par ses parents, de perpétuer des pratiques, d’honorer des conventions et de tout simplement vivre sa vie comme on le ressent et comme on l’a héritée.
La nation est une communauté de destins, pas un goulag où le plus fort imposerait au plus faible sa conception des choses. Car s’il fallait imposer des critères stupides comme celui de l’antériorité ou celui de l’histoire pour imposer une culture dominante, certains n’y trouveraient justement pas leur compte.
Mais au moment où j’écris ces mots, comme à chaque fois que je l’ai fait dans le passé, j’ai en même temps conscience que les discours de fraternité ne suffisent plus à nos compatriotes bafoués dans ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes. Ils ont raison car le discours doit être suivi d’actes concrets et les évènements récurrents de Kabylie, de plus en plus sanglants, en démontrent l’urgence. La langue et la culture berbère doivent non seulement être reconnus dans les textes, ce qui est le pas le plus facile, mais aussi et surtout dans les cœurs, ce qui serait plus probant. Car, contrairement aux espoirs de certains, une simple inscription dans la constitution, sans autre rapprochement dans les esprits et les cœurs, ne serait que la transposition dans le texte d’un rapport de force qui s’exprime bien dangereusement dans la réalité quotidienne.
Mais que faire lorsqu’on a la seule représentativité de soi-même ? Hurler son indignation devant la bêtise n’a pas suffit. Militer aux plus hautes responsabilités, quelles soient politiques ou associatives, n’a pas plus donné de résultats. Prendre sa plume pour témoigner de son soutien n’en aura probablement guère beaucoup plus comme à chaque fois, mais le devoir et la morale l’exigent.
Dès le début, lorsqu’il s’est agit de prendre position pour la reconnaissance de l’identité pleine et entière de mes compatriotes, je n’ai pas hésité un seul instant. Mais combien de déceptions a-t-il fallu surmonter pour finalement n’avoir, seul dans son coin, que la force de l’indignation.
Que faire et que dire lorsque des compatriotes berbères se précipitent dans les bras du pouvoir pour le soutenir et le légitimer ? La colère intérieure est grande lorsqu’en même temps il faut s’imposer la rigoureuse règle de ne jamais rappeler à une communauté qui souffre les errements de certains. La faute commise par ces derniers est une faute qui est subie par tous les algériens et ne peut être imputée à la Kabylie. Mais comme la tentation est grande pour les tenants d’une culture arabo-musulmane unifiée de rappeler cette triste vérité, je ne peux entièrement l’éloigner de ma pensée.
Je constate aujourd’hui encore que cette minorité se présente comme un recours pour la défense des droits des berbérophones, oubliant bien rapidement qu’elle fut jusqu’aux derniers instants partie prenante du pouvoir. Et comme je crains que la manœuvre risque de réussir de nouveau, l’indignation est encore plus forte que la peine. Prions que la tentation de mettre de l’huile sur le feu et de prôner un extrémisme violant ne se manifestent jamais dans l’esprit tourmenté de ceux qui souhaiteraient faire oublier de coupables errements. Un cas de figure bien souvent rencontré dans l’histoire de l’humanité.
Que faire et que dire encore lorsqu’on a vu ses anciens camarades, que des considérations internes (et non politiques) ont éloignés de vous, participer et patauger lamentablement dans des institutions qui n’avaient comme but que celui de légitimer un pouvoir. Les bras vous en tombent. Heureusement, la conviction est si sincère qu’elle permet de dépasser les bêtises qui se sont accumulées.
Nos compatriotes berbères ont besoin que s’exprime envers eux un appel du cœur et des actes concrets. Je n’ai pour ma part à leur dire qu’une seule chose, « je vous aime ». Car, à l’instar d’une mère, une nation ne peut laisser souffrir l’un de ses enfants sans lui rappeler sa profonde affection. Et jusqu’à preuve du contraire, cette nation, c’est nous.

 
Mardi 17 Avril 2007
Sid Lakhdar Boumédiene est l’un des rares intellectuels non kabyles à s’exprimer de manière claire et sincère sur la question amazighe.
Ses positions sont connues à travers la presse, mais il a été toujours aux côtés des militants sur le terrain, notamment à Paris où il vit.
Il a récemment créé un blog dans lequel il a publié l’ensemble de ses articles qui traitent de la question amazighe.
Pour en savoir plus, nous lui avons posé quelques questions auxquelles il a accepté de répondre.

Association TAMAZGHA;

 

Vous avez récemment créé un blog que vous avez intitulé "Droit des Berbères". Quelle en est la motivation ?

C’est la continuité naturelle d’un combat que j’ai commencé depuis très longtemps. J’ai toujours associé mon militantisme pour la démocratie à celui de rétablir un droit qui me semble intangible, celui de vivre sa citoyenneté dans la culture et la langue héritées.


Qu’est ce que l’internaute peut lire dans ce blog ?

Pour le moment, il s’agit tout simplement d’une partie de mon témoignage dans ce combat.
L’internaute pourra y retrouver mes interventions les plus marquantes à ce sujet dans la presse algérienne et française.
Je sais que la plupart des Kabyles n’ont pas l’habitude d’entendre ce discours, je m’adresse à eux mais certainement pas d’une manière exclusive.


Vous êtes natif de la région d’Oran. Vous avez toujours été (et vous l’êtes toujours d’ailleurs) un opposant au régime algérien. Mais aussi, vous avez toujours été aux côtés des luttes des Kabyles pour la reconnaissance du fait amazigh. Pensez-vous que ce combat ne concerne que les Kabyles ?

Non seulement je réponds par la négative mais je dénie à quiconque, fut-il kabyle, le droit de m’en faire une interdiction. J’ai pour habitude de dire que je suis oranais, donc algérien et par conséquent citoyen de Kabylie.
La Kabylie m’appartient tout autant qu’à quiconque et mon devoir est de porter attention à l’appel de sa souffrance qui est devenue la mienne.


Dans quelques semaines sera célébré le 26ème anniversaire du Printemps berbère. En quelques mots, quelle est votre analyse concernant l’état de la question amazighe ?

Je dis que c’est l’anniversaire d’une honte. Que mes compatriotes en sont à commémorer l’anniversaire du sang et de la souffrance causée par d’autres compatriotes, c’est une honte pour l’intelligence humaine.
Cela a trop longtemps duré et je crains, hélas, que le calme et le semblant d’adhésion à la politique de Bouteflika n’est qu’un leurre qui camoufle d’autres pics de violence et de rupture.
Je ne peux être que sévère avec tous ceux, y compris envers une minorité de Kabyles, qui n’hésitent pas à porter secours au régime militaire.


Un dernier mot.

Je rêve du jour où la rencontre avec un Kabyle ne soit pas l’occasion inévitable de m’expliquer que Relizane (la ville d’Oranie) veut dire "colline des mouches" dans un secret plaisir de me faire sous-entendre de l’origine séculaire.
Ce jour là voudra dire que la plaie s’est refermée et que les Kabyles n’auront pas besoin de ce puéril argument d’antériorité pour justifier de leur légitime revendication. Personne d’intelligent ne saurait renier la richesse et l’enracinement national d’une culture algérienne sans être obligé d’en exiger la preuve archéologique.
Je sais, hélas, que cet argument a justement été la doctrine prédominante pour justifier de l’origine exclusivement arabo-musulmane de l’Algérie.
Mais ce jour là semble loin..


Propos recueillis par
Masin Ferkal.
Association Tamazgha.
Dimanche 15 Avril 2007

Site Tamazgha

Le "nif", une fierté qui honore l’homme dans son indépendance d’esprit et dans la liberté de ses actes quelques soient les conséquences physiques ou financières. Le "nif", c’est la force du pauvre face à l’adversité, du humble face à l’oppression et tout simplement la dignité de l’être.

Qui pourrait renier le commandement honorable du "nif" puisqu’il est au cœur de la démarche des résistances les plus nobles de l’humanité ? Aucun démocrate ne se risquerait dans sa négation tant il est l’âme revendicative de tout être sous l’emprise d’une inféodation, qu’elle soit d’ordre social, religieuse ou politique.
Cependant, les plus malins ont très vite compris combien cette réaction naturelle des algériens pouvait être profitable pour leur carrière et leur pouvoir. Voila quarante ans que les algériens jouent ou feignent de jouer l’exercice national préféré que leur fait jouer le pouvoir militaire, le "nif", c’est-à-dire la fierté en toute circonstance, en tout lieu et envers tout.

Une aubaine pour qui veut annihiler l’esprit critique d’un homme et lui faire faire et dire au mot près tout ce qu’il souhaite. Une emprise facile d’un pouvoir qui joue sur la fibre nationaliste comme on manipule un doseur de morphine au chevet d’un malade.
A ce propos, le "nif" de Bouteflika est décidément très réversible et sélectif. Un certain nombre de démocrates, qui pourtant sont perpétuellement soupçonnés d’être des "carpettes" face à la France, se sont sentis humiliés au plus profond de leur nationalisme car en ce qui les concerne, il est réel.

Ce dernier est revenu se soigner à l’hôpital du Val de Grâce, hôpital militaire du détestable empire colonial qu’il dénonçait avec véhémence il y a encore quelques jours. Cette fois-ci l’affaire a été dénoncée avec bruit par l’ensemble de la classe politique française (et pas seulement par Le Pen) et qu’elle nous ridiculise au plus haut point. Comment peut-on, comme un indigent, réclamer la charité médicale lorsqu’il est établi que la demande n’est pas conforme aux déclarations de la veille, que la personnalité de l’indigent est ce qu’elle est et que sa doctrine repose sur le "nif" ?
C’est encore une fois un camouflé qui nous ridiculise à tous et je pense particulièrement à tous ces professeurs algériens de médecine et aux milliards d’investissements dans les cliniques privées, censées être à la pointe de la technique et des compétences. Je ne souhaiterais vraiment pas être à leur place et encore moins à celle de l’un de leurs patients.

Le Professeur Debré, pourtant insoupçonnable lorsqu’il s’agit de coopération avec les dirigeants africains, a exprimé son trouble, lui qui connaît un certain nombre d’entre eux. Bien entendu, chacun a reconnu ce léger sourire au coin des lèvres qui ne laisse aucune place au doute quant à l’interprétation.

Le "nif", ce n’est pas laisser un peuple dans la misère et se gaver avec les contrats juteux, pourtant établis avec zèle avec les puissances qu’on dénonce dans les discours. Le "nif", c’est prendre la mesure du défi économique et démocratique et de n’en dévier sous aucun prétexte. Le "nif", ce n’est pas une façade de circonstance mais une démarche homogène et constante. Le "nif", enfin, c’est de se l’appliquer d’abord à soi avant d’en faire une politique pour les autres.

Le "nif" de Bouteflika, c’est celui des gogos pour ceux qui s’en laissent convaincre. Il est très loin du notre, nous qui sommes pourtant constamment traités de "hezb frança". C’est dire combien le ridicule ne tue pas.

 

 

 

 

Dimanche 15 Avril 2007

Le 11 Juil 2003  Forum des Aarchs

Avec l’annonce de la faillite de la compagnie aérienne Khalifa airways, les algériens auront la douleur de supporter une seconde fois le poids de leur malheur. Une première fois lorsqu’ils ont été spoliés par le plus gigantesque racket d’argent public qu’ils aient eu à déplorer puis une seconde fois par la mise en faillite d’un outil de travail crée sur le dos de leur souffrance.
Cette compagnie aérienne, comme toutes les autres sociétés du groupe, a été crée de la manière la plus énigmatique avec un argent plus que douteux. Il y a une morale peut-être à l’égard de ce milliardaire sans scrupule qui a établi une fortune à l’âge où d’autres finissent encore leur adolescence. Fils d’un notable du temps du puissant colonel Houari Boumédiene, personne ne doute en Algérie de l’origine mafieuse d’un pactole amassé en si peu d’années par un jeune pharmacien. Surtout que les domaines d’intervention de son conglomérat ont toujours été la chasse gardée du clan des hauts gradés de l’armée.
Une morale, peut-être ! Mais tout de même, ce n’est pas sans un sentiment de profonde injustice que nous verrons le tribunal dépecer un patrimoine pour lequel le sang et la douleur des algériens serviront d’actif de liquidation.
Seul le député Noël Mamère a eu le courage de combattre l’origine frauduleuse d’une fortune qui a dispensé ses millions à qui veut les prendre sans s’interroger. Le parlement a, on s’en souvient, écarté l’idée d’une commission parlementaire au motif d’insuffisances de preuves. Une insulte à l’intelligence des algériens qui ne se posent même plus ces questions stupides car leur quotidien est écrasé de preuves qui sont aussi tangibles qu’arrogantes.
Le dossier sera traité comme une simple faillite financière et le dandy milliardaire ne s’en sortira pas plus mal avec tout le reste que personne n’a osé encore lui contester. C’est sûrement cela le plus choquant.
C’est dire la crédibilité que peuvent avoir à nos yeux ces députés qui ont fait leur fonds de commerce sur une croisade contre l’argent sale. Ils avaient pourtant sous leurs yeux la manifestation d’un des plus gros détournements de fonds publics. Qu’ont-ils fait ?

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