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Pseudo: SID-LAKHDARCatégorie: PolitiqueRecommander ce blog
Dimanche 15 Avril 2007
 

EL WATAN     Edition du 27 décembre 2006

Les démocrates le savent lorsqu’une idole est portée au firmament, il faut immédiatement contrebalancer l’aveuglement de la passion par un point de vue plus réaliste, fut-il ressenti comme outrageant. Par cette attitude, l’image nous apparaît soudainement différente, mais bien plus proche d’une vérité qui n’est jamais si absolue.

Il ne s’agit pas de remettre en question un élan collectif du cœur, parfaitement mérité et compréhensible pour un Zinedine Zidane dont on admire le talent et l’humilité. L’exercice est tout simplement salutaire et remet le personnage dans un tout, car c’est un tout qui fait la vie d’un homme. C’est dans ce tout que transparaîtra la valeur incontestable d’une personnalité pour laquelle nous avons respect et fierté. Les conditions du voyage et la médiatisation de la visite de l’enfant prodige posent tout de même question. Et cette question, je souhaiterai la soulever sans crainte d’écorcher un symbole déifié, car il faut rappeler la réalité du montage de propagande et d’image dans laquelle s’est assez facilement laissé entraîner l’icône de toute une nation. Ce n’est pas la réception d’un enfant du pays qui a été organisée, mais une véritable visite d’Etat à l’instigation d’un président qui n’a pas laissé une miette lui échapper. Puisqu’il en a été ainsi, j’aurais aimé que M. Bouteflika rappelle à Zinedine Zidane que la double nationalité est la « cinquième colonne du néocolonialisme » et être en conformité avec les principes réitérés d’un premier magistrat du pays. J’aurais aimé que Zinedine Zidane rappelle à son tour la fierté qu’il a de sa langue et de sa culture d’origine et que celle-ci n’est pas, à proprement parler, la tasse de thé de son interlocuteur. Oui, j’aurais préféré tout cela, car au moins les choses auraient été à la hauteur de l’événement médiatique que l’on nous a vendu. Le joueur est immense, la personnalité des plus attachantes, mais le geste de trop n’est pas pour moi ce fameux « coup de boule » d’une certaine finale mémorable. Le geste de trop est ce qui le démangeait depuis trop longtemps et que l’on peut comprendre. Les foules immenses qui scandent Zinedine, le quotidien ! Les honneurs des palais présidentiels pas plus extraordinaires que cela ! Les titres de journaux qui le font entrer dans l’histoire pléthoriques. Non, le dernier faux pas de Zidane n’est pas son « coup de boule », mais la dernière tentation, la plus grisante pour un homme qui pouvait tout, possédait tout. Donner à ses parents le cadeau que toute la notoriété et l’argent au monde ne peuvent remplacer, être reçu comme un chef d’Etat dans leur pays natal. Le plus inestimable des cadeaux pour ceux qui ont été déracinés dans la souffrance et la peine. Tous les millions du monde ne pouvaient en effet rivaliser avec l’événement. Zinedine y a plongé, pieds et poings liés, probablement avec toute la naïveté qui le caractérise et qui l’honore. Oui, mais l’embêtant est que plus personne ne peut désormais accuser les Algériens de passivité coupable envers un problème crucial de la nation. Ces derniers seraient en droit de rétorquer : « Nous n’avons jamais rien fait pour nos compatriotes berbérophones mais, tout de même, ce n’est pas nous qui voyageons en avion gouvernemental et offrons une légitimité d’image à un résident que la démocratie ne revendique surtout pas comme porte-parole. » Oui, c’est bien là ce que choque un militant de longue date de la cause juste et inaliénable de nos compatriotes de Kabylie. Le geste de trop de Zidane, il est bien, à mon sens, dans ce voyage et pas du tout dans un « coup de boule » que nous lui avons pardonné.

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