Présentation

droitdesberberes

Pseudo: SID-LAKHDARCatégorie: PolitiqueRecommander ce blog
Dimanche 15 Avril 2007

El Watan 13 août 1999           

D’une seule voix, a-t-on entendu le chant de l’unanimité et de la compassion collective. Tous, pas un des icônes de l’ère soviétique ne manquait à l’appel des médias gouvernementaux. L’ouvrier, le paysan, la ménagère, l’écolier et le retraité, tous ont chanté, qui devant un micro, qui devant une caméra le couplet tant appris et tant répété comme notre leçon de récitation sur les bancs de l’école d’antant.D’une seule voix, a-t-on entendu le chant de l’unanimité et de la compassion collective. Tous, pas un des icônes de l’ère soviétique ne manquait à l’appel des médias gouvernementaux. L’ouvrier, le paysan, la ménagère, l’écolier et le retraité, tous ont chanté, qui devant un micro, qui devant une caméra le couplet tant appris et tant répété comme notre leçon de récitation sur les bancs de l’école d’antant.

 

            Alors je dis qu’il serait dommage de briser ce tableau, ces louanges et ces épanchements de miséricorde. Allons jusqu’au bout et profitons-en pour amnistier les responsables de la plaie originelle. Eux qui sont et restent à l’origine de tous nos malheurs et troubles. Je pose donc la question, pourquoi le pardon aux autres et pas envers eux ? Ce serait faire preuve d’injustice ou de compassion à deux vitesses.

            C’est le moment où jamais pour que l’esprit de pardon se manifeste envers ce qui est inexcusable. Puisqu’il y a un tel esprit de réconciliation, c’est bien le moment de tendre la main généreuse envers ceux qui ne nous l’ont jamais tendu sinon pour de coupables dessins.

            Reprenons un à un les arguments de ce débat et déclinons les à la situation que je propose. Trop horribles, les crimes ! Diront certains, nous avons vu père et fils mutilés et disparaître. Comment pourrions-nous pardonner ? C’est pourtant bien ce que propose la loi d’amnistie. Dans cette logique, pourquoi ne s’étendrait-elle pas aux militaires ?

            Trop tard ! Diront d’autres, ils ont eu toutes les occasions du repentir et ne les ont jamais saisies. Trop facile de venir maintenant réclamer le pardon dont ils auraient peut-être bénéficié après leur premier égarement. C’est bien là pourtant un point acquis par la loi d’amnestie.

            « Pardonner ? Mais encore faut-il que les coupables viennent demander pardon » déclarait au journaliste étranger une mère de famille, effondrée par la disparition de son fils. Nous n’en avons pas vu beaucoup se présenter au jugement des familles et demander humblement le pardon, la loi les en exonère.

            Qu’ils vivent, respirent et qu’ils profitent de la société alors que l’être cher nous a été arraché ! C’est tout simplement insupportable ! Diront la plupart de ceux qui ont refusé de voter. C’est pourtant ce qui va se passer, la barbarie aura un quitus moral  par la validation du référendum.

            Alors pourquoi ne pas finir le travail d’unité et de concorde nationale en abrogeant les crimes des militaires ? Pourquoi ne pas s’atteler à l’autre dossier de concorde nationale et créer les conditions de fraternité avec nos frères et compatriotes berbérophones ? Et pourquoi ne pas pardonner les fortunes illégitimes acquises au prix du sang ?

 

 

 

 

            Non, vraiment, je ne comprends pas pourquoi nous amnistions certains et pas les autres. Et si l’un des lecteurs venait à me rappeler le clivage entre les éradicateurs et les dialoguistes pour m’en faire grief, je lui répondrai qu’il y a eu un gros malentendu que l’accès sélectif des médias gouvernementaux a crée.

            Je trouve aussi choquant ce solde de tout compte pour une barbarie et encore plus révoltant qu’elle ne s’adresse pas à une autre, pourtant à l’origine de tout.

 

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus